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En dépit d’une maigreur absolue, la machine à rêves fonctionne. Sur les podiums, elles assurent. Dans les coulisses, le business des mannequins est impitoyable.

Julie a 18 ans, elle mesure 1.72m pour 56 kilos. Elle est ici en consultation de chirurgie esthétique et les mises en garde du médecin ne la feront pas changer d’avis.

« Je suis prête à changer mon corps, à passer du 38 au 34. Je suis prête à perdre du poids, 9, 10 kilos, parce que je veux vraiment y arriver. »

 

Un rendez-vous organisé par son agence de mannequins pour mesurer son potentiel.

« On la suit au niveau de la nutrition, donc y a pas de problème, on fait très attention à ça. On la suit au niveau du régime, elle fait du sport, et ça part pas. Donc, il faut aider avec la chirurgie esthétique. »

Au programme, liposuccion et prothèses mammaires. Cout de l’opération,  8000 euros.

« On va déjà pouvoir améliorer les proportions. Diminuer le bas, augmenter le haut, ça va lui donner une allure beaucoup plus harmonieuse qui devrait l’aider professionnellement. »

 

Toujours plus minces, toujours plus jeunes, les tops fascinent et certaines de leurs déclarations mettent le feu aux poutres, comme celles de Kate Moss, il  y a quelques mois, qui déclarait « skinny is best » La maigreur c’est le top.

 

Mais où sont passés les tops ? Les Linda, Naomi, Cindy ou Eva, le corps sculptural, leur allure mythique, les indétrônables.

« C’est une autre époque. Tout est pour la vente aujourd’hui. On voit plus sur les photos une ambiance, on voit les lunettes de soleil, le sac et les chaussures et les vêtements, tous dans une photo, donc c’est tout du marketing. »

 

Le créateur Jean-Claude Jitrois, le roi du cuir, fait office d’exception. Le corps des femmes et ses rondeurs, c’est son business.

« En fait, c’est un 38. J’aime bien une femme qui est étranglée à la taille, qui a des belles épaules, parce qu’elle porte bien. Moi, j’aime que la femme porte vraiment mon cuir avec de très belles fesses, haut en couleur. »

 

Après l’Espagne, l’Allemagne met les tops au placard. Le magazine féminin, Brigitte, l’un des plus vendus, ne fait plus poser que des vraies femmes. Mais derrière cette exception et malgré de nombreuses initiatives se greffe aujourd’hui l’image des stars et leur taille 0 qui n’a pas finit de faire fantasmer.