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Marion et Chana
ont 16 et 17 ans. Elles ont accouché l’année dernière après être tombées
enceinte des leur première relation amoureuse. Les grossesses n’étaient pas
désirées, les pères ont disparu. Il leur a fallu faire face à une grande solitude.
« En fait,
j’ai découvert ma grossesse à 5 mois, j’avais 14 ans. J’ai accouché sous X en
fait, et au dernier moment j’ai voulu le garder. »
« Le plus
dur c’est quand on se balade dans la rue avec nos poussettes. Les gens y voient
qu’on est jeune, alors bien souvent ils nous insultent à haute voix. Ils
critiquent à haute voix. Ca fait quoi qu’on est
jeune ? Même si des fois c’est vraiment galère, ça vaut le coup. »
Ici une crèche
s’occupe de leurs petits et les jeunes femmes sont scolarisées. Elles sont
arrivées au centre sur décision d’un juge pour enfants. Bien souvent, une
adolescence chaotique ne leur permet pas d’élever leurs bébés correctement.
« Tout ce
qui est voler, gambader à gauche à droite, faire n’importe quoi, ça me donne
plus envie. Ouais, maintenant je me dis, j’ai ma fille, je suis une grande.
Faut que j’arrête tout ça quoi. »
« On nous
prend comme une adulte mais j’en suis pas une en fait. On se sent grande et
tout, mais je suis pas grande en fait. Je suis encore
mineure, donc... »
Le risque pour
des mères parfois déboussolées est que leur enfant apparaisse comme une charge.
L’objectif numéro un du centre est donc de prévenir la maltraitance.
« Il y en a
encore beaucoup qui se retrouvent très vite finalement dépassées par les
besoins d’un tout-petit, donc un établissement comme le notre, finalement,
compense un peu, leur donne du temps. »
« Je veux
pas qu’elle fasse la même erreur que moi. Donc je ferai tout pour pas qu’elle
tombe enceinte, qu’elle fasse ses études et qu’après on verra les
enfants. »
Marion et Chana
souhaiteraient avoir d’autres enfants, mais bien plus tard.