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Internet, les tchats, les blogs n’ont plus de secret pour eux depuis bien longtemps. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils surfent sans risque, comme le rappelle un animateur, à ces collégiens de quatrième.

« Sur un espace qui est public, vous ne parlez pas de votre vie privée, sinon par définition, ça ne sera plus privé. »

 

Diffamation, vidéos pornos, téléchargement illégal, les mises en garde sont multiples car aujourd’hui 2 tiers des jeunes de 16 surfent quotidiennement sur le net et y passent beaucoup de temps.

« De 18 heures à…, enfin quand je sors du collège, jusqu’à 23 heures »

« Jusqu’ à 5 heures sur MSN ? C’est beaucoup »

« Ben non, je trouve pas. Ca passe vite »

 

Il s’agit avant tout de responsabiliser les élèves, non de les culpabiliser. Leur apprendre, par exemple, à ne pas discuter avec des étrangers, parce qu’on ne vient pas toujours sur Internet avec sa véritable identité.

« On se rend compte que derrière les pseudos il peut y avoir quelqu’un d’autre ? »

« Ouais, mais on se pose pas vraiment la question. On s’en fiche. »

« Ca vous est arrivé d’être contacté par des inconnus qui vous fixait des rendez-vous ? »

« Ouais, voilà, pour un rendez-vous mais en sachant déjà qu’ils n’étaient pas dans la même ville et que je les connaissais même pas. C’est sur qu’on ne va pas y aller. »

 

A 13 ans, Léna surfe sur la toile. Elle consigne sur Facebook les weekends avec ses copines, dialogue par le biais de sa webcam et a appris à se méfier.

« Y a une copine à moi qui était allée sur un tchat en ligne et y avait une personne avec qui elle avait entretenu une conversation. Elle a branché la webcam.

« Et elle est tombé sur quoi alors ? »

« Sur un papy à moitié nu, on va dire, en train de faire des choses ambigües, très ambigües. »

 

Ses connections, son père les surveille. Pas de flicage mais de la vigilance. Il a bien attenté d’installer un contrôle parental afin de filtrer les sites pornographiques, mais l’expérience a tourné court.

« C’est tellement, tellement sécurisé, à ce point là, que là, ils ont accès à rien, quoi. Donc, c’est pas la solution. »

« La solution, c’est la confiance ? »

« C’est la confiance. »

 

Et de la confiance, il en faut, car sur les sites pour ados, les sollicitations ne manquent pas.

« Jeune fille cherche beau mec. Cherche nanas entre 12 et 13 ans. C’est aberrant, c’est vraiment du délire. Je ne comprends même pas qu’ils puissent mettre leur annonce sur un site comme ça. C’est n’importe quoi. »

 

Alors le père de Léna a décidé de suivre la formation que le collège a mise en place parallèlement à celle destinée à leurs adolescents. Des parents souvent partagés entre impuissance et ignorance.

« Votre adolescent, il passe beaucoup de temps sur l’ordinateur ? »

« C’est la question qu’on se pose. »

« Vous savez pas ? »

« Ben… »

« Voir ce que fait son enfant. Est-ce qu’il a MSN ? Combien de temps il fait des jeux vidéo ? Ca fait partie de l’éducation. C’est pas des questions techniques, c’est des questions d’éducation. »

« Pour au moins savoir s’ils trichent, s’ils vont ailleurs et avec les connaissances qu’on a, pouvoir leur dire stop. »

 

En 3 ans, plus d’un million d’enfants a bénéficié de ces journées d’information. Une prévention nécessaire, car les dangers ne viennent plus forcement d’adultes malintentionnés mais bien des jeunes eux-mêmes qui adoptent des conduites à risques.