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Les politiciens vont aborder demain le chapitre de l’immigration choisi, aujourd’hui ils étaient occupés par la crise. Ils devraient donc adopter un pacte qui stipule que l’Europe n’a pas les moyens d’accueillir dignement tous les migrants qui espèrent y trouver une vie meilleure, car chaque jour, des centaines de clandestins continuent d’affluer dans certaines villes comme Calais. 6 ans après la fermeture du centre de Sangatte, les conditions de vie de ces hommes, femmes et de ces enfants se sont encore dégradées. C’est l’enquête de ce 20 heures. Elle est signée Matthieu Benoist et Jean-Philippe Hequette.

 

Hier, 3 heures du matin, sur un parking de Calais, les silhouettes sombres se faufilent entre les camions Chaque nuit, ils sont des centaines à tenter le passage vers l’Angleterre, accrochés à un essieu ou cachés dans la cargaison d’un semi-remorque. Effrayés par notre présence, la majorité préfère s’enfuir. Seuls quelques uns réussiront à traverser. Ceux qui échouent vivent désormais ici, dans la jungle. C’est le surnom qu’ils ont donné à ces terrains vagues situés à proximité du port.

« On essaye de passer 3 ou 4 fois par semaine, mais à chaque fois les douaniers nous repèrent. »

 

Ces hommes venus d’Afghanistan vivent depuis plusieurs semaines dans ces cabanes de fortune dans le froid, la faim et la peur des descentes de police.

« La police vient tout le temps ici, de nuit comme de jour. Ils nous arrêtent, nous emmènent au poste puis nous relâchent quelques heures plus tard. »

 

Afghans, irakiens, érythréens, ces migrants venus de territoires en guerre ne peuvent être expulsés vers leurs pays. Depuis la fermeture du centre de Sangatte en 2002, ils se sont dispersés un peu partout sur la côte d’opale. A Calais, il faut attendre l’heure des repas pour appréhender l’ampleur du phénomène. Aujourd’hui, ils sont près de 500, 2 files pour les hommes, une troisième pour les femmes et les enfants. Les repas sont préparés et distribués par des associations de bénévoles dans des conditions de sécurité parfois difficiles. Depuis quelques mois, le nombre de repas servis est en constante augmentation.

 

« Pour eux, Calais, au départ, ça reste la porte de l’Angleterre et ils ont de l’Angleterre une vue un peu d’un pays où tout va bien. Il est probable, bon la plupart quand on parle avec eux, ils disent qu’ils ont un frère, un ami, quelqu’un du village, quelqu’un qui est déjà en Angleterre et qui leur dit que la situation est magnifique. »

Une image fausse, entretenue par les passeurs qui continuent à décrire l’Angleterre comme un eldorado pour les refugiés.

« En Angleterre on me donnera de l’argent et tout ce qu’il faut pour vivre. »

« Vous êtes sur de ça ?

« Oui, bien sur. C’est pour ça que tout le monde y va. »

 

Gale, tuberculose, pathologies en tout genre. Depuis 2006, les clandestins de Calais sont accueillis dans un centre médical spécialisé.

Malgré la mobilisation des associations, les conditions d’hygiène restent déplorables, 4 douches pour 500 personnes.

« A Sangatte au moins, y avait peut-être un petit abri et tout, là, vraiment, on voit des enfants, des familles qui vivent dans des conditions inhumains. C’est inadmissible de voir ça. »

 

Après des mois de voyage, dans des conditions parfois encore plus difficiles, ces migrants sont prêts à tout endurer pour atteindre enfin leur objectif, parcourir les 34 derniers kilomètres qui les séparent de l’Angleterre.