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Deux jours après
les violences, en marge d’une manifestation à Poitiers le week-end dernier, le
ministre de l’intérieur a annoncé de nouvelles bases de données pour mieux
surveiller les groupes extrémistes. Il s’agissait en fait de fichiers concoctés
depuis des mois.
« Edwige est
mort, il n'est pas question de le ressusciter. Des travaux ont été engagés, ils
sont passés devant le conseil d’état, ils ont été discutés devant, à ma
demande, des associations comma la LICRA, SOS Racisme, bref toute une série
d’associations qui sont attentives aux libertés individuelles et il y aura
naturellement, comme cela s’avère nécessaire, des bases de données plus
précises, mais dans le respect des libertés individuelles »
Deux fichiers
voient le jour, le premier a pour objectif la sécurité publique, le second est
réservé aux enquêtes administratives des postulants à des emplois sensibles. Au
ministère, le criminologue, Alain Bauer, avait en charge de préparer le terrain
avec des associations de défense des droits de l’homme, dont la LICRA, qui
valide les textes à un détail près.
« On a 2
nouveaux fichiers qui sont satisfaisants et acceptables. On a un seul bémol
aujourd’hui, c’est le fichage des mineurs, à partir de 13 ans. Ca nous semble très jeune. »
SOS Racisme a
aussi travaillé au sein de la commission Bauer, mais aujourd’hui l’association
est en colère.
« SOS
Racisme ressent une véritable trahison par rapport à ce qui a été convenu dans
la commission Bauer avec le ministère de l’intérieur puisque nous avions obtenu
à l’unanimité qu’il n’y aurait pas de mention sur les origines des personnes et
on trouve finalement dans l’article 3 de ce décret qu’on pourra mentionner
l’origine géographique. En réalité, c’est pour pouvoir stigmatiser les Français
à raison de leurs origines et pour pouvoir inciter finalement la police à faire
des contrôles au facies. »
« On a
écarté semble-t-il les homosexuels, c’est une bonne chose. Mais on continue à
ficher ceux qui ont, comment dire, une origine visible physiquement. On continue
à ficher les enfants et on continue à ficher les syndicalistes. »
La ligue des
droits de l’homme a refusé de travailler avec le ministère et si le fichier
Edwige est mort en novembre 2008 après la mobilisation des associations, la
polémique sur les bases de données policières est toujours vivante.